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INSTALLATION DU P. FRANCK GACOGNE : 16 SEPTEMBRE 2018

Dimanche de la Miséricorde

Caravaggio : The Incredulity of Saint ThomasL'incrédulité de saint Thomas, Le Caravage (Palais de Sanssouci, Potsdam).

Cesse d’être incrédule, sois croyant !

« Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! » Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. » Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »

Jean 20, 26-29

Méditation de l'Evangile

Le moins que l'on puisse dire, c'est que la nouvelle de la résurrection de Jésus n'est pas tapageuse. Jusqu'ici, dans l'évangile de Jean, Pierre et le disciple que Jésus aimait n'ont vu que le tombeau vide, Marie Madeleine, prise dans sa tristesse, pense parler au jardinier avant de reconnaître Jésus. La bonne nouvelle frémit dans le cœur du disciple que Jésus aimait, dans celui de Marie Madeleine, mais ne s'impose pas, elle pourrait presque passer inaperçue. On dirait presque : ça ne va pas de soi. J'aime beaucoup ces textes parce qu'ils me permettent d'exprimer combien la joie n'est pas simple à accueillir. Je passe beaucoup de temps avec Marie Madeleine à me lamenter, à ressasser le goût amer de l'échec. La joie ne se décrète pas. Et Jésus ressuscité laisse encore la peine s'exprimer. Ce n'est pas le « tout est bien qui finit bien ». Mais dès qu'il se fait reconnaître, c'est toujours la même chose : la joie vient.

La scène que nous méditons commence elle aussi dans la peine. Les disciples ont peur, ils se barricadent. Surtout que rien n'arrive, que l'on se fasse oublier, le temps que ça passe. On imagine pas un état d'esprit moins approprié pour recevoir la bonne nouvelle. Et pourtant, Jésus vient, et il est là. C'est impressionnant et en même temps ce n'est pas spectaculaire. On a l'impression que la présence de Jésus ressuscité passe comme une lettre à la poste. Qu'elle est évidente. On pressent une scène d'intimité profonde et lumineuse.

Mais il y a une deuxième scène dans la scène, bien sûr. Sans quoi ce serait trop simple. Thomas n'est pas là. Et quand ses amis lui parlent de ce qu'ils ont vu, ce qui empêche Thomas de croire, ce n'est pas sa tristesse, comme Marie. C'est un autre mal : c'est son incrédulité. Que je connais bien aussi. Thomas est un peu mon jumeau, pour moi aussi. Je vois bien Thomas en retrait, regardant tout ça de loin, de haut, à distance ; c'est un peu un philosophe, Thomas. On met souvent en cause Thomas, mais pour sa défense, je voudrais dire que c'est avant tout un échec – et peut-être un manque de foi aussi – pour les disciples : le premier à qui ils sont envoyés, ils n'arrivent pas à le convaincre. Ils ont pourtant reçu l'esprit. Vous avez remarqué : les portes encore sont closes. La confiance règne alors qu'ils auraient de quoi être rassurés. Bref. Thomas est incrédule. Et à lui aussi, Jésus va se manifester directement.

Mais ce qui m'étonne, c'est qu'il demande à Thomas le contraire de ce qu'il a demandé à Marie Madeleine. « Ne me touche pas » ou « ne me retiens pas » : laisse moi aller, ne t'agrippe pas à ma présence, et va plutôt l'annoncer. A Thomas, au contraire : vois, touche, mets ta main. Il me semble qu'il y a dans cet étonnant contraste deux grandes leçons de vie spirituelle pour moi qui suis tantôt enfermé dans ma tristesse, dans mon besoin possessif d'être consolé, rassuré par la présence de Dieu, tantôt isolé dans mon incrédulité, dans ma révolte devant le côté tellement invisible et insaisissable de Jésus. Deux gestes : Marie Madeleine apprend à lever les yeux : elle a des frères à visiter, une joie à partager, qui n'est pas que pour elle. Thomas, lui, apprend, un peu comme Zachée, à descendre de son arbre, de sa tour d'incrédulité, à toucher et se laisser toucher par la présence du Seigneur et par la joie de ses frères.

Seigneur, apprends moi cette juste distance : ne pas mettre la main sur le don de ta présence, mais pourtant te toucher et me laisser toucher pour te reconnaître.

Antoine Cavalie, membre de l'EAP

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