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PROCHAINE JOURNÉE PAROISSIALE : 13 janvier 2019

Un militaire chrétien témoigne de son engagement

JeanVianneyMilitaire

La dernière Journée paroissiale s'est tenue le 11 novembre, jour du centenaire de l'armistice de la première guerre mondiale. L'occasion pour notre paroisse de réfléchir aux enjeux de la paix et d'écouter le témoignage de Jean-Vianney, ancien militaire ayant été engagé en Afghanistan (ici, avec un de ses fils). Avec force et humilité, il nous a dit comment il a vécu sa foi au combat.

A 38 ans, Jean-Vianney a déjà une carrière militaire derrière lui. Sorti de l'école militaire de Saint-Cyr, il a servi comme lieutenant au 13e régiment de chasseurs alpins. Douze années de service, engagé sur différents théâtres d'opération : en Afghanistan d'abord, puis dans plusieurs régions d'Afrique. Père de quatre enfants, "bientôt cinq", il a quitté l'armée il y a dix-huit mois pour mener une vie de famille plus normale.

En préambule, Jean-Vianney rappelle que la guerre n'est jamais souhaitable. "On doit tout faire pour l'éviter car elle n'apporte que le malheur." C'est le dernier recours. D'ailleurs, depuis plusieurs décennies, l'armée française remplit essentiellement d'autres missions : maintien de la paix, sécurisation d'un territoire, construction d'infrastructures, ouverture d'écoles… C'est dans cet état d'esprit qu'il est arrivé en Afghanistan. "Quand je suis tombé dans ma première embuscade, j'ai eu le sentiment d'un grand malentendu : pourquoi nous tirent-ils dessus alors que nous ne leur voulons pas de mal ?" Les premiers combats sont pour lui une expérience douloureuse. "Dans nos pays où l'on vit en paix depuis des décennies, on a oublié ce niveau de violence." Et puis, peu à peu, on s'habitue, reconnaît-il. Et quand les premiers camarades tombent, on se demande comment ne pas se laisser contaminer par la haine ? Comment ne pas céder à l'esprit de vengeance ? "Dans ce chaos, il faut garder la tête froide. Seule la force nous est autorisée, c'est-a-dire une violence maîtrisée. Et il faut transmettre cela à ses hommes." Un devoir d'officier autant que de chrétien.

Comment respecter cette éthique de l'engagement militaire ? Par la prière, répond Jean-Vianney : avant, pendant et au retour de chaque opération. "Je demandais au Seigneur de pouvoir ramener tous mes hommes." Pour garder le cap dans les moments difficiles, il aime dire la prière à sainte Marie Mère de Dieu du P. de Grandmaison : "Gardez-moi un cœur d'enfant pur et transparent comme une source…" ou la prière d'abandon de Charles de Foucauld : " Je m'abandonne à toi, Fais de moi ce qu'il te plaira…" Le combat reste une épreuve terrible. "On ne sort pas grandi de ces moments." Il y a alors le secours de la confession pour retrouver son intégrité. Il faut aussi de l'humilité. "Même si on est chrétien, on a des limites, surtout psychologiques…" 

Combattre, c'est aussi envisager la possibilité de la mort. "Le militaire est au service de la Nation, un service qui peut aller jusqu'au sacrifice de sa vie." Cela fait partie du contrat, mais il n'en reste pas moins insupportable de voir un camarade tomber. Et quand on est officier, on est parfois amené à annoncer sa mort à la famille. Un moment terrible. De ses missions en Afrique, Jean-Vianney conserve le souvenir de militaires autochtones, en majorité musulmans, prêts à donner leur vie pour défendre la liberté de leur pays. "Le don de soi jusqu'à la mort n'est pas le propre du chrétien."

Frère d’armes. "Ce n'est pas une formule : ceux qui combattent ensemble sont unis par une vraie fraternité." Se retrouver dans des situations extrêmes crée des liens très forts. "Les masques tombent : on peut avoir des échanges profonds et témoigner de sa foi."

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