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PROCHAINE JOURNÉE PAROISSIALE : 13 janvier 2019

Le retour de la "Nativité lyonnaise" à Saint-Charles

Nativité lyonnaise, Jean Martin (1952), Saint-Charles de Serin, Lyon ©tekoaphotos

Le 12 décembre a eu lieu, à l’église Saint-Charles de Serin, le retour du tableau Nativité lyonnaise peint par Jean Martin en 1959, après sa restauration complète par l’atelier Vicat-Blanc. Il est désormais accroché dans le chœur pour le préserver des dégradations dues aux changements climatiques.

 
« Nativité... lyonnaise » ?

Voilà un titre bien original pour un tableau... Le peintre Jean Martin (1911- 1996) a en effet choisi d’inculturer la Nativité du Christ dans la ville de Lyon, et notamment le quartier de Serin proche de celui de Vaise dans lequel il a vécu. 

Si l’on reconnait aisément les personnages traditionnels de la scène biblique, la Vierge Marie et son Enfant Jésus emmailloté, saint Joseph debout protégeant une flamme de bougie à côté, et le bœuf et l’âne dans l’angle inférieur, on découvre en s’approchant des monuments lyonnais bien connus : entre la Vierge et saint Joseph, au centre du tableau, l’église Saint-Charles de Serin nouvellement reconstruite et pour laquelle il a réalisé ce tableau, mais aussi l’abbaye d’Ainay, la basilique de Fourvière en haut de collines enneigées presque oniriques, l’église St-Georges et la primatiale Saint-Jean-Baptiste au bord de la Saône où flottent quelques barques. On remarque également l’inspiration que le peintre a prise dans une scène peinte par Fra Angelico dans une cellule du couvent San Marco à Florence en 1441 où l’on retrouve ce treillage de branchages derrière le bœuf et l’âne. Mêlant imaginaire et réalité, le peintre nous entraîne ainsi dans la joie de cette annonce de Dieu fait homme en nous la rendant actuelle et contemporaine. 

Le peintre Jean Martin a exécuté ce tableau a tempera, c’est-à-dire à l’œuf, sur un panneau de bois, par petits traits juxtaposés sur une préparation blanche, imitant en cela la technique des peintres italiens de la Renaissance. Cennino Cennini explique ainsi comment les primitifs italiens procédaient par superposition de petits traits sur trois tons (un ton moyen, un ton plus clair, un ton plus foncé) qui suggéraient le volume et le mouvement. Ces traits sont bien visibles chez Jean-Martin, notamment dans les drapés. Les auréoles des personnages, ainsi que l’étoile, ont été dorées à la feuille sur un bol d’Arménie ocre rouge, agrémentées de décorations en relief.

Retour de la "Nativité lyonnaise"  (12 décembre 2018) - La "Nativité lyonnaise" de Jean Martin restaurée Retour de la "Nativité lyonnaise"  (12 décembre 2018) - La "Nativité lyonnaise" de Jean Martin avant restauration Retour de la "Nativité lyonnaise"  (12 décembre 2018) - La "Nativité lyonnaise" de Jean Martin, détail Retour de la "Nativité lyonnaise"  (12 décembre 2018) - La "Nativité lyonnaise" de Jean Martin, détail Retour de la "Nativité lyonnaise"  (12 décembre 2018) - La "Nativité lyonnaise" de Jean Martin, détail Retour de la "Nativité lyonnaise"  (12 décembre 2018) - La "Nativité lyonnaise" de Jean Martin, détail Retour de la "Nativité lyonnaise"  (12 décembre 2018) - La "Nativité lyonnaise" de Jean Martin, détail Retour de la "Nativité lyonnaise"  (12 décembre 2018) - Restauration de la "Nativité lyonnaise" de Jean Martin Retour de la "Nativité lyonnaise"  (12 décembre 2018) - La Nativité de Fran Angelico qui a inspiré Jean Martin Retour de la "Nativité lyonnaise"  (12 décembre 2018) - L'installation de la "Nativité lyonnaise" de Jean Martin Retour de la "Nativité lyonnaise"  (12 décembre 2018) - Restauration de la "Nativité lyonnaise" de Jean Martin Retour de la "Nativité lyonnaise"  (12 décembre 2018) - Restauration de la "Nativité lyonnaise" de Jean Martin Retour de la "Nativité lyonnaise"  (12 décembre 2018) - L'accrochage de la "Nativité lyonnaise" de Jean Martin Retour de la "Nativité lyonnaise"  (12 décembre 2018) - L'accrochage de la "Nativité lyonnaise" de Jean Martin

La restauration du tableau

Le tableau était accroché depuis l’origine dans le narthex, c’est-à-dire le hall d’entrée de l’église Saint-Charles de Serin. Peint sur panneau de bois, il a malheureusement subi les outrages des intempéries, des variations climatiques et du vandalisme : il avait reçu plusieurs coups de cutter, lacérant notamment le visage de la Vierge et l’auréole dorée de l’Enfant Jésus; en outre, une grande partie de la couche picturale s’était écaillée et avait disparue, laissant apparaître la préparation blanche dessous. Tout ceci nuisait à la compréhension du tableau.

Accompagnée par la Commission diocésaine d’art sacré (CDAS), l’association La Halte a sollicité une subvention auprès de la fondation Saint-Irénée pour restaurer ce tableau et permettre d’en retrouver la beauté et la grande qualité. Le curé affectataire, le P. Thierry Jacoud, a donné son accord pour restaurer ce tableau propriété de l’Association diocésaine de Lyon, et le suivi a été réalisé par le P. Franck Gacogne, nouveau curé de la paroisse.

Grâce à cette aide financière, le tableau a été confié à l’atelier Vicat-Blanc, installé à la Croix-Rousse, qui a travaillé pendant six mois pour refixer la couche picturale écaillée et lui redonner de la cohésion, nettoyer la couche picturale de l’encrassement qui la rendait mate et grisée et retrouver ainsi la beauté des couleurs. Cet automne, l’étape minutieuse et longue de réintégration colorée des nombreuses lacunes a été menée pour rétablir la couleur de fond. Cette retouche en traits fins juxtaposés permet de redonner une lisibilité d’ensemble à l’œuvre, tout en assurant la réversibilité si nécessaire. Enfin, le cadre a été nettoyé et protégé par une cire teintée. La restauration a permis de retrouver la signature du peintre « JEAN MARTIN 59 » en bas, que les lacunes et l’encrassement rendait invisible auparavant.

Violaine Savereux,
reponsable de la Commision diocésaine d'art sacré
et paroissienne de St-Gabriel de Vaise

A regarder

[Video] : le commentaire du tableau par Noémie Marijon pour la page Facebook de la revue Narthex.

 

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