prochaine journée paroissiale : 13 octobre 2019

Avancer malgré tout dans la confiance…

Pour les catholiques de Lyon, le mois de janvier aura été fortement marqué par le procès de son archevêque et de certains de ses collaborateurs. Quand ces lignes paraîtront, le jugement n’aura pas encore été rendu par la justice, même si le théâtre médiatique a depuis longtemps fait entendre son verdict, nous faisant glisser du procès Preynat (encore à venir) au procès Barbarin, avec comme décor le procès de l’Église. Mais que cela ne nous empêche pas d’essayer de percevoir des enjeux pour notre communauté. Le principal de ces enjeux me paraît être la confiance.

Dans un feuilleton américain portant sur les pratiques pédocriminelles d’un pasteur protestant, l’enquêtrice concluait auprès des parents de la victime : « Vous savez, les pervers ne se promènent pas tellement dans les rues, ils s’infiltrent surtout dans les lieux où les gens vivent dans la confiance. » J’ai trouvé cette remarque pleine de bon sens, en même temps qu’elle ne peut manquer de soulever en nous une foule de questions. Les lieux de confiance sont heureusement nombreux : la famille, l’école, les clubs sportifs, la paroisse... tous les lieux où la société se construit, car aucune société durable ne peut se construire sans la confiance. C’est pourquoi tous les actes d’abus de confiance qui violent les consentements des consciences, toutes les perversités qui transgressent la loi pour des intérêts personnels, se révèlent profondément destructeurs du lien social.

La confiance normale de l’enfant envers ses parents d’abord, ses éducateurs ensuite, doit pouvoir croître pour qu’ensuite la confiance puisse se construire – car la confiance demande du temps – dans toutes ses relations affectives, professionnelles, citoyennes. Quand cette condition essentielle de construction au plus intime de la personne est brisée par un pervers, ce sont des vies entières que l’on brise ou que l’on fragilise. Et cette perversion devient maximale quand elle affecte les relations entre croyants.

La confiance est au cœur de notre attitude de croyant et on peut même affirmer que la foi est principalement définie par la confiance. « Je sais en qui j’ai mis ma confiance », écrit St Paul (2 Tm.1, 12). Et la confiance que nous mettons en Dieu, Père, Fils et Esprit, nous entraine à développer notre confiance envers tous ceux que Dieu aime, c’est-à-dire, tous les humains. C’est un trésor dont nous vivons quand une vraie communion qui a sa source en Dieu s’établit entre nous. Méritons donc la confiance que cherchent tous les humains, soyons clairvoyants, vigilants et confiants envers qui mérite confiance. Et ce trésor qui est d’abord dans le ciel saura résister à toute corruption.

Pierre Lathuilière

A propos du film "Grâce à Dieu"

Film Grace a Dieu F Ozon

A n’en pas douter, le film « Grâce à Dieu » de François Ozon qui sort ce mois-ci en salle sera comme le « porte-voix » des victimes de Preynat. Il est important pour chacun de prendre conscience de ce qu’elles ont traversé, combien ce qu’elles ont subi a marqué, marque et marquera encore durablement leur vie. Le procès du mois dernier a permis à chacun (victimes et accusés) de s’exprimer, et dire tout ce qu’il avait à dire, et c’est un bien. Le hasard des calendriers va faire que ce film va sortir alors que le principal et premier accusé : Preynat, n’a toujours pas été jugé, et que le jugement du procès de janvier ne sera pas encore rendu. Malgré cela, comme les commentaires, amalgames et excès de langage (en particuliers sur les réseaux sociaux) ne manqueront pas suite au film, sachons si nous souhaitons réagir, faire preuve de sagesse, de modération et de mesure évangélique dans ce que nous dirons. Nous devons toujours soutenir et nous situer du côté des victimes, mais aussi ne pas enfoncer ceux que la justice ne déclarerait pas coupables.

Franck Gacogne

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